Guy-Geoffroy

La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY - 31 mars 2013

« LA TENTATIVE DE DIVERSION,
C’EST MAINTENANT ! »


A côté des nombreuses déclarations banales, incertaines ou tout simplement contestables que nous a délivrées jeudi dernier François Hollande, certains auront certainement remarqué la volonté du Président de nous faire croire qu’il était devenu enfin….Président.

Il est en effet un peu curieux de l’entendre déclarer, 10 mois après son élection, qu’il n’est plus un Président socialiste mais le Président de tous les français.

Quel aveu ! Celui qu’il était bel et bien entré à l’Elysée pour servir son camp et combattre l’adversaire…qu’il venait de battre.
Il faut dire qu’on s’en était un peu aperçu, à l’entendre ainsi que ses acolytes poursuivre au-delà du 6 mai leur délirante campagne électorale anti-Sarkozy.

Aveu aussi que la situation est très critique et qu’elle l’est d’autant plus que l’on a gouverné le pays à sens unique, sans se soucier des équilibres toujours fragiles d’une société française toujours partagée en deux grandes familles aux aspirations si ce n’est totalement contraires mais malgré tout bien différenciées.

Et on pourrait se prendre à rêver d’un Président grandi par sa prise en charge, tardive mais sincère, de l’intérêt national.

Un Président qui, renonçant enfin à l’esprit partisan, revêtirait pour de bon l’habit présidentiel, celui qui permet au Chef de l’Etat d’incarner non l’inutile et stupide consensus mou, mais la synthèse d’une nation bigarrée et chatoyante qui n’attend que le signal de l’unité du peuple, suscitée par ses dirigeants, pour reprendre confiance et s’engager délibérément sur les chemins de l’avenir.

Et puis survient ce dimanche et l’interview du Premier Ministre dans « le Journal du Dimanche ».

Et on peut dire que celui-ci revient en fanfare du diable vauvert.

On croirait presque qu’il est devenu le patron, lui qui s’était jusque là caractérisé par un comportement mollasson et émollient, sans aucun charisme ni aucune capacité à animer une équipe gouvernementale dans la tourmente.

Il a dû manger du cheval, le bougre !

Mais derrière ces positionnements qui pourraient faire croire à un rebond du pouvoir en place, une annonce qui tranche curieusement avec le nouveau style présidentiel, et quelques affirmations qui valent le détour tant elles contiennent de mensonges gros comme ce n’est pas possible.

L’annonce qui tranche, c’est celle selon laquelle le Premier Ministre est socialiste.

Le Président ne l’est plus, le Premier Ministre le reste ou le devient : serait-on entré sans le savoir en cohabitation ?
Y-a-t-il de l’eau dans le gaz entre les deux côtés parisiens de la Seine ?

Une des affirmations mensongères, c’est celle qui prévoit que l’on va s’attaquer en profondeur à la pérennité de notre système de retraites par répartition sans toucher à l’âge légal de départ.

Il faudrait vraiment que l’on soit totalement sot pour gober un seul instant ce bon vieux et gros mensonge.

Comment en effet faire avaler aux français que l’on pourra encore longtemps parler de la seule augmentation de la durée totale du travail sans qu’ils s’interrogent sur la possibilité d’allonger leur carrière sans partir plus tard ?

Comment peut-on vendre à des jeunes, dont l’entrée dans la vie active est de plus en plus tardive, ce qui est en soi un gros problème, qu’ils vont pouvoir par magie travailler 42,43 et pourquoi pas 44 ans et partir en retraite à 62 ans….?

Je veux bien que les socialistes soient des illusionnistes patentés, mais de là à domestiquer à ce point les mathématiques…..

En fait, je crains fort que nous ne nous trouvions dans une formidable entreprise de communication, orchestrée conjointement par l’Elysée et Matignon et visant ni plus ni moins à embrouiller le bon peuple en lui faisant miroiter un changement de stratégie plus près des attentes de tous, alors que l’objectif est toujours de gagner du temps en espérant le miracle salvateur venu de l’extérieur et dont on fera tout pour endosser la paternité.
Triste spectacle d’un pouvoir déjà exsangue un an à peine après son arrivée aux affaires.

Triste perspective que l’accumulation réitérée de mensonges et d’à peu près qui ne feront rien bouger mais qui ne feront que renforcer le rejet populaire.

Triste conspiration que celle de nos dirigeants qui, ne sachant plus comment gérer la gauche, la gauche de la gauche, les verts, les radicaux et leur marionnette « front national », en sont réduits aux faux semblants et à l’instrumentalisation des pires dénis et des plus grosses contre-vérités.

Et pourtant ils savent que la réalité ne les laissera pas tranquilles.

Et pourtant ils persistent à ne rien faire qui puisse inverser le cours des choses.

Et pourtant ils continuent sur la voie de l’idéologie la plus ringarde et la plus arriérée.

Ce n’est pas parce que nous sommes le jour de Pâques qu’il faut nous prendre pour des cloches !

Quand un pouvoir en est réduit à un tel usage de la diversion, la fin du règne est proche !

Ce dimanche 31 mars 2013,

Guy GEOFFROY