Guy-Geoffroy3La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY - 02 avril 2013

« QU’ILS ARRETENT DE MENTIR
EUX AUSSI : ILS SAVAIENT, C’EST SUR ! »


On sentait bien que quelque chose clochait, cette après-midi, durant les questions d’actualité.

L’ambiance était flottante à gauche, les applaudissements étaient pour le mois mesurés en écho à des réponses floues et subitement revenues à l’ère du « ce n’est pas nous, c’est votre héritage », comme si les esprits étaient ailleurs…..

Et puis est venu le moment des explications de vote, exercice de style aujourd’hui consacré au texte modifiant le calendrier électoral et le mode de scrutin pour les élections départementales.
Drôle de destin que celui de ce texte, deux fois retoqué par le Sénat pourtant à gauche et qui n’a été adopté par l'Assemblée qu’avec 35 petites voix d’avance, du fait des défections de tous les alliés du PS, alors que la majorité dispose de 100 sièges de plus.

Mais tout ceci n’avait plus grande importance car nous venions juste de l’apprendre : Cahuzac a avoué !

Je peux dire que les conversations, dans les couloirs devant l’hémicycle étaient bien particulières et que nos interlocuteurs du gouvernement et de la gauche étaient plutôt « pas bien du tout ».
Ayant eu à m’entretenir un bout de temps avec deux Ministres, la porte-parole du gouvernement et le Ministre chargé des relations avec le Parlement, je ne les ai pas trouvé particulièrement bien dans leur assiette.

Reconnaissons qu’il y avait de quoi !

Un des Ministres les plus brillants, qui avaient conquis son rang, lorsqu’il était Président de la Commission des Finances, en donnant, quelquefois avec arrogance, la leçon à la terre entière et qui faisait passer sur ses genoux tous ses collègues du gouvernement pour leur infliger la potion budgétaire la plus amère, était soudainement à terre, lâché et flétri par les siens.

Combien de fois avait-il juré qu’il n’y était pour rien, lui qui se s’était pas gêné en son temps pour vilipender en permanence Eric Woerth qu’il fallait absolument abattre car il portait trop bien la loi de 2010 sur les retraites….

Et le voici, repenti et honteux qui reconnaît s’être laissé entraîner dans ce qu’il appelle « la spirale du mensonge » à propos de ces comptes en Suisse et à Singapour détenus depuis 20 ans et où il faisait prospérer, semble-t-il, des sommes rondelettes qu’il avait pris soin au préalable de soustraire à l’impôt….

Et voici que le Président et son Premier Ministre essaient de trouver les mots les plus durs pour l’accabler, sans doute pour ne pas laisser à l’opposition le seul soin de réagir comme il convient face à ce véritable scandale d'Etat du régime socialiste en place….

Mais soyons un peu sérieux !

Comment Hollande et Ayrault peuvent-ils nous faire sérieusement croire qu’ils ont attendu aujourd’hui et les révélations de leur ancien Ministre pour réaliser qu’il leur avait menti ?

Qui peut se laisser bercer par l’idée qu’ils n’avaient pas les moyens de savoir, depuis 4 mois, ce qu’il y avait véritablement dans cette affaire ?

Comment peuvent-ils en rajouter à ce point pour tenter, à l’arrachée, de laisser Cahuzac seul et loin, très loin d’eux, livré à ses turpitudes et mieux ainsi se draper dans leur virginité ?

En fait, la gauche est tout simplement dégoutante, car dégoulinante de belles pensées et de beaux sentiments, mais jamais avare de tous les coups les plus ahurissants.
Qu’on se rappelle un peu de Mitterrand et de la sinistre affaire de l’Observatoire…
Qu’on se rappelle du même Mitterrand et de sa fille cachée nourrie et logée durant des années aux frais du contribuable…
Qu’on se rappelle encore de lui et de ses amitiés revendiquées avec quelques-uns des plus sinistres individus de Vichy….

Ce qui ne l’a jamais empêché, lui et ses acolytes, de faire la morale à la terre entière et de faire monter en puissance l’extrême droite pour empêcher la droite républicaine de parvenir au pouvoir.

Ces derniers temps, c’est la stratégie de la « faute morale », finalement avouée pour essayer de mieux se faire pardonner. Hier, c’était Strauss-Kahn et la « faute morale » du Sofitel ; aujourd’hui Cahuzac et celle du compte en Suisse.

Ce pouvoir nous avait habitué à presque tout : le mensonge, l’absence de courage, le déni de la réalité, l’à peu près, la stratégie du bouc émissaire….
Il manquait ce qui se passe sous nos yeux : la déliquescence aggravée et galopante d’une « majorité » déjà massivement rejetée et prise dans les filets de ses leçons de morale.
Monsieur Peillon a-t-il prévu, dans les cours de morale civique qu’il envisage pour nos enfants, de donner en exemple ce dernier avatar que portent comme leur croix nos dirigeants actuels ?

Maintenant c’est sur, il va falloir que quelque chose se passe.

Un pouvoir devenu aussi illégitime ne peut plus finasser : il doit changer du tout au tout ou redonner la parole au peuple !

Il serait grand temps…..

Ce mardi 2 avril 2013,

Guy GEOFFROY