La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY - 10 avril 2013.

« UN PEDALO A LA DERIVE ».


J’ai été vraiment scandalisé, cet après-midi, par le comportement innommable du Premier Ministre lors des questions d’actualités.

Et je crois que ça s’est vu…

Car non seulement Ayrault, comme il en a pris l’habitude, ne prend pas la peine de répondre personnellement aux questions posées par l’opposition et fait tenir à ses divers ministres le rôle de perroquet chargé de ressasser en boucle les mêmes sornettes sur le scandale Cahuzac, mais il a franchi aujourd’hui une limite qui témoigne de la dérive totale dans laquelle se trouve le pouvoir.

Des millions de Français l’ont ainsi vu et entendu dire qu’il allait bientôt recevoir les Présidents des groupes parlementaires et préciser qu’il « recevrait même Monsieur Jacob ».

Comme si notre Président n’était que toléré et qu’il fallait considérer le geste du Premier Ministre comme une faveur qui nous serait faite alors que c’est quand même la moindre des choses.

Ce dérapage totalement incontrôlé est un signe de plus de l’enfoncement progressif de ce gouvernement qui ne tient plus rien, qui s’agite en tous sens et qui doit être suppléé par le Président de la République en personne qui se charge de mettre le paquet de solennité pour annoncer son dispositif « mains propres » sensé permettre de tourner la page Cahuzac.

Ce serait si facile et confortable !

Et pendant ce temps-là, aucune réponse à des questions précises, et en particulier à celles-ci :

« Pourquoi le gouvernement a-t-il limité ses investigations à une seule banque Suisse alors que la presse fourmillait de détails concernant la succession des comptes de l’ex Ministre du Budget ?».

« Que voulait dire exactement la formule de « muraille de Chine » qu’aurait créée Moscovici entre l’administration fiscale et…le Ministre toujours en exercice en charge de cette administration ? »

Je poserai ces questions mardi prochain au Premier Ministre et j’en ajouterai une autre qui fait suite à ma lecture attentive, aujourd'hui au retour de mon footing matinal, du « Parisien » :

« Les plus hauts responsables socialistes ayant été alertés dès 1989 sur le comportement pour le moins empressé du dénommé Cahuzac à l’égard de certains « partenaires » du Ministère de la santé au sein duquel il exerçait aux côtés du Ministre Claude Evin, comment ont-ils pu fermer les yeux depuis cette époque et assurer tranquillement la promotion politique, jusqu’aux ors de Bercy, d’un personnage que d’aucuns auraient pu juger sagement plutôt encombrant ? ».

La réalité et la vérité crèvent désormais les yeux :*

Ils savaient tout, de Hollande à Moscovici en passant par Ayrault et cela ne les gênait nullement !

Il faut dire que lorsque l’on est candidat socialiste à la Présidentielle, que l’on se déclare l’ennemi juré de l’argent et du monde de la finance, on a effectivement pas d’autre choix que de prendre comme trésorier de campagne un ami proche et fidèle…. dont on ignore totalement que ses activités personnelles le conduisent à participer à des placements …..dans le paradis fiscal des iles Caïmans… !

Je crois que cela s’appelle, pour rester poli, nous prendre franchement pour des demeurés.

Quelle honte de vider ainsi de leur substance des vocables aussi beaux et forts de sens que ceux d’exemplarité et de moralité !

Qu’en pense Peillon pour ses futurs cours de morale à l’école ?

Quelle honte de sacrifier aux plus bas et vils stratagèmes comme celui qui consiste à faire porter le chapeau d’un désastre personnel et politique à tous les parlementaires au point de les désigner une fois de plus à la vindicte populaire !

Quelle honte de prendre tant les français pour des imbéciles au point de leur vendre une bouillie collective en rédemption d’une faute politique de son seul camp que l’on ne veut pas assumer !

Quelle honte de faire des turpitudes et de l’inconséquence socialistes les choux gras d’un populisme qui ne peut que se déchainer, faisant courir à notre pays le risque supplémentaire d’une catastrophe institutionnelle !

Quelle honte d’être aussi mauvais et aussi peu courageux !

Ce mercredi 10 avril 2013,

Guy GEOFFROY