Guy-Geoffroy3La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY
23 avril 2013


« LA DIVISION POUR TOUS ».

 

Je suis triste ce soir, mais pas abattu pour autant.

Triste parce que le spectacle offert aujourd’hui par le gouvernement et sa majorité, avant, pendant et après le vote sur le projet de « mariage pour tous » a montré aux français le pire que nos concitoyens peuvent craindre d’un débat public où les clichés, les procès d’intention, les invectives sont devenus maitres.

Que dire en effet d’un Noël Mamère dénonçant « la rue qui prétend faire la loi au mépris de l’état de droit en construction » alors qu’il a été le premier, en 2004, à violer ce même état de droit en « célébrant » un mariage entre deux hommes ?

Que dire également d’un Bernard Roman qui au nom de socialistes qui se voudraient triomphants assimile sans nuance tous les opposants au projet aux pires homophobes que la planète puisse porter ?

Que dire d’un Alain Tourret, porte-parole des radicaux de gauche, qui, sans avoir le talent de Pierre Dac mais se contentant d’en avoir le timbre de voix et le phrasé, énonce sans vergogne l’axiome selon lequel ceux qui, pensant sincèrement à la famille et aux enfants lorsqu’ils s’interrogent sur les dangers de l’adoption aujourd’hui, de la PMA et la GPA demain, ne sont que des « refroidis » (sic) ?

Que dire d’un gouvernement, manifestement satisfait d’atteindre dans quelques jours la pause de début mai des débats parlementaires, qui pontifie sur le « grand jour pour la République » que constitue l’adoption, à marche forcée, d’une loi qui a profondément inscrit la tension et la division au sein de la communauté nationale ?

Triste parce que nous aurions pu éviter tout cela si nous avions pris le temps, entre 2007 et 2012, de voter la loi créant « l’union civile entre deux personnes de même sexe », comme l’avait suggéré Nicolas Sarkozy, transformant ainsi le PACS, tout en l’améliorant, en un acte d’état civil adapté, respectueux de nos concitoyens homosexuels, mais n’ouvrant aucune perspective en matière de filiation, comme l’immense majorité des français l’aurait accepté.

Mais pas abattu du tout !

Car j’ai, avec plus de 60 de mes collègues, signé le recours devant le Conseil Constitutionnel qui permettra de vérifier la conformité en tous points de cette loi qui reste mal fagotée, avec l’ensemble des principes qui fondent notre « bloc de constitutionnalité ». Et il y aura certainement à dire....

Car je ne renonce pas à croire que, devant l’hostilité massive des français de plus en plus exaspérés par l’arrogance socialiste, le Président se résoudra enfin, comme l’avait fait avant lui François Mitterrand, à refuser de diviser davantage le pays alors que notre énergie collective est tant nécessaire pour prendre enfin à bras le corps tous les problèmes cruciaux que 11 mois de vaticinations « sociétales » ont laissé tragiquement au second plan.

Et puis nous aurons, le jour venu, à prendre nos responsabilités.

Ne pas revenir sur les situations qui auront été acquises, bien entendu, car nos concitoyens qui « bénéficieront » des dispositions de la loi auront un statut juridique qu’il faudra respecter.

Mais réécrire tout cela afin d’extraire tout ce qui, bouleversant les principes fondamentaux de la filiation au point d’en détruire les racines, devra être repris afin que l’adoption et tout ce qui pourrait en découler (PMA, GPA…) soient clairement écartés de la reconnaissance du droit de nos compatriotes homosexuels de vivre en toute tranquille légale et sociale leur union et l’intimité de leur parcours commun.

Et tout ceci dans le respect profond de toutes celles et tous ceux qui, finalement, auront été pris en otage par un gouvernement très peu scrupuleux au point d’utiliser ce « mariage pour tous » comme paravent de tout le reste dont il est bien incapable de s’occuper efficacement.

Car, je ne suis ni un « cul-béni » tout en ayant plein d’estime pour les religions et ce qu’elles apportent à ceux qui y trouvent lumière et réconfort, ni un « refroidi » insensible aux évolutions de notre société.
Mais j’aspire au respect des fondamentaux qui ont construit par la réalité biologique de chaque être, la vie, les générations et notre organisation sociale.

Car je suis certainement plus progressiste que certains qui, à gauche, à l’instar du sulfureux Strauss-Kahn, persistent à proclamer que les femmes sont libres de se prostituer, et à piteusement refuser de s’interroger sur la responsabilité de ceux qui considèrent que la sexualité achetée est une chose "naturelle" alors que c’est la « plus vieille horreur du monde ».

Car je n’accepterai jamais les leçons de « morale » et encore moins de « modernité » de ceux qui n’ont aucun autre « courage » que celui du verbe creux et de la « suffisance à tous les étages ».

Jamais je n’ai autant que ce soir pensé que le seul monopole que détient la gauche française, c’est celui de l’arrogance et de l’hypocrisie, et certainement ni celui du cœur ni ceux de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Car la devise nationale est la propriété de TOUS les français !

Oui, Monsieur Hollande, vous qui prétendiez vouloir un pays apaisé, vous êtes ce soir ce Président qui a abimé la France, ce à quoi Mitterrand, lui, avait finalement renoncé.
Alors que vous n’êtes au fond de vous-même pas certain d’adhérer à ce que vous venez de laisser faire !

Et cela, les français, et beaucoup à gauche, ne vous le pardonneront pas !

Ce mardi 23 avril 2013,

Guy GEOFFROY