Guy Geoffroy

Guy Geoffroy - Député

La chronique quotidienne du député.

« DEVENIR FRANÇAIS….. ».

C’est reparti avec ce débat bien français, bien caricatural à souhait entre les tenants du « droit du sang » opposés bien entendu frontalement à ceux qui défendent le « droit du sol ».

Pour les uns, seuls peuvent devenir français « automatiquement » ceux qui sont nés de parents (au moins l’un des deux) français.
Le bon sens pousse à considérer que cela semble être dans la nature des choses et la moindre…des choses. Bien que les suites de la décolonisation nous aient appris de bien curieuses conséquences….

Pour les autres, la France, terre d’asile (est-elle la seule ?) a vocation depuis toujours et pour toujours à accueillir sur son sol la terre entière, qui vient ainsi enrichir la nation, ce qui amène à considérer que doit accéder naturellement au statut de citoyen français tout enfant né sur le sol de notre pays.

Les uns seraient tentés, aujourd’hui, de fermer les frontières de notre territoire et de notre esprit pour se protéger d’une immigration devenue insupportable et inintégrable.

Les autres resteraient, contre vent et marée, défenseurs de nos principes humanistes supérieurs à tout et considéreraient que les temps difficiles que nous traversons succèdent de loin en loin à d’autres périodes également difficiles (même si c’était autrement !) et que l’immigration, même irrégulière, reste une chance tout autant qu’une vocation.

Les uns ont raison de privilégier la citoyenneté qui se transmet de génération en génération.

Les autres n’ont pas tort d’inviter à ne pas céder aux sirènes du découragement et du repliement qui pourraient, pour permettre une « amélioration » de notre ressenti à ce sujet et pour croire restaurer notre conscience identitaire, nous faire "perdre notre âme".

Je crois tout simplement que, posé ainsi, le débat est insoluble, tant crève les yeux son côté « intellectualisé », alors qu’il convient très probablement, sans trahir notre génie séculaire qui a fait ce que nous sommes et qui constitue notre unique chance de compter encore parmi les premiers dans le concert des nations, de partir de bases renouvelées et actualisées pour parvenir au nécessaire consensus national qui seul nous permettra de rester nous-mêmes sans se perdre dans la béatitude de beaux principes décharnés et devenus illusoires du fait de notre incapacité à les faire tout simplement vivre….

Je revient, vous le savez, de Mayotte, dernier en date de nos départements où, en marge de l’objet du déplacement que constituait la mise en service officielle de la collecte sélective des emballages ménagers, j’ai pu, en dialoguant avec les autorités locales, vérifier ce que nous savons depuis longtemps et qui est partagé par tous les parlementaires, de quelque bord qu’ils soient, qui se sont rendus sur place et qui connaissent bien la situation.

A Mayotte, comme de manière similaire si ce n’est identique en Guyane, les tentatives quotidiennes d’immigration clandestine de la part des résidents des Comores voisines ont créé et continuent de créer des conditions insupportables d’intégration à un tissu social déjà très fragile du fait d’une pauvreté récurrente au sein d’une société locale qui conserve beaucoup de pesanteurs malgré les forces montantes qui travaillent à l’élévation générale des conditions de vie.

Les autorités locales ont des moyens pour faire face à ce phénomène impressionnant par son envergure : Et la France dépense par an 75 millions d’euros pour ramener dans leur pays nombre de ceux qui ont tenté le passage clandestin. Vous avez bien lu : 75 millions….

Les femmes constituent un très grand nombre de ces immigrants illégaux qui risquent leur vie à chaque instant en espérant franchir dans l’océan indien les contrôles que nous exerçons, à bord d’embarcations faméliques et dangereuses qui, sur 7 à 8 mètres de long, à peine la moitié de large, « transportent » jusqu’à une centaine de pauvres hères.
Ce sont ces « fameuses » kwassa kwassa qui ont abandonné leur vocation de pêche pour transporter au péril de leur vie des malheureux à qui l’on a vendu l’espoir d’une vie meilleure chez les « frères » mahorais.

Ces femmes, pour l’essentiel, viennent à Mayotte pour mettre au monde leur enfant qui, du fait de sa naissance sur notre territoire, les protègera de mesures de reconduite à la frontière, avant qu’un long parcours de misère prolongée et d’exploitation, du fait d’un travail clandestin sous rémunéré et privé de droits réels, ne vienne donner à la mère et à l’enfant, puis à « tous autres », la « décisive » nationalité française.

Que valent nos grands principes face à une telle réalité qui nous submerge ?

Ne vaut-il pas mieux s’atteler, dans la sérénité d’un débat au fond, éloigné des belles âmes de tous bords qui n’espèrent qu’un « objet de dispute », à une nouvelle définition de l’accès à la nationalité, qui sanctuarisera le droit du sang, maintiendra un accès apaisé et maîtrisé au droit du sol, sans se laisser aller à l’absurde qui consiste à mettre au dessus de tout ce que l’on est bien incapable d’assumer.

Avec le cortège des nouvelles formes d’esclavage qui se développent avec la bénédiction passive et complice des défenseurs des causes impossibles.
Je veux parler des marchands de sommeil, des réseaux de traite, de prostitution et de travail clandestin, ou tout simplement des comportements très « approximatifs » de ceux qui savent saisir toutes les opportunités pour s'acheter une bonne conscience en faisant prospérer leur activité au prix d’un travail caché sous rémunéré, sous considéré non protégé et finalement totalement irrespectueux des droits de la personne humaine.

Et ce n’est pas le spectacle de ce campement de roms que subit actuellement ma commune qui est de nature à modifier mon jugement.
En refusant de scolariser les quelques malheureux enfants que d’aucuns prenaient véritablement en otage pour obtenir du juge le rejet de ma demande d’expulsion, j’ai agi en totale responsabilité et, je l’affirme, dans l’intérêt de ces enfants-objets que l’on sait si bien envoyer « visiter » les propriétés voisines avec cette certitude ignoble que la justice ne pourra rien contre eux.
Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur, mais il fallait que je le fasse car il n’est de l’intérêt de personne, à commencer par les intéressés eux-mêmes, de laisser s’enkyster des situations ingérables et sans espoir.

Et que l’on arrête de me dire, comme le font ces verts si prompts à l’irresponsabilité, que ces populations faméliques ont une réelle volonté et une vraie capacité à s’intégrer, car j’affirme que, pour l’essentiel, ce n’est pas vrai !

Nous qui, dans les communes de l’agglomération de Sénart, avons donné il y a dix ans la preuve d’un volontarisme exemplaire pour intégrer les seulement 10 % « d’à peu près intégrables » parmi ces roms qui s’étaient alors installés chez nous, au prix d’un travail de fond très poussé avec les autorités préfectorales de l’époque, nous savons bien les limites rapidement atteintes d’un exercice insurmontable.

Et ce n’est pas dans la France d’aujourd’hui, pétrie de difficultés auxquelles nous peinons à faire obstacle, que nous pouvons nous permettre de mentir à notre histoire, à notre tradition, à nos valeurs et….à nos concitoyens en nous cachant derrière la facilité des grands principes qui, à les mettre toujours en avant, finissent par être de terribles coquilles vides.

François Hollande avait promis, la main sur le cœur, qu’il lutterait ardemment contre l’immigration illégale.

Qu’il commence donc par abandonner définitivement et solennellement l’engagement absurde de donner le droit de vote aux étrangers non communautaires, car la machine à aspirer les clandestins commence par là.

Qu’il se résolve ensuite à poser le problème de l’acquisition de la nationalité en termes responsables et lucides, au lieu de laisser s’installer l’anarchie des déclarations de ses Ministres sur un sujet qui révulse nos concitoyens et constitue de la graine d’extrémisme et de haine. L’affaire Léonarda devrait être saisie comme un outil de ressaisissement et non comme une « patate chaude » qui permet d’éviter de parler des problèmes quotidiens qui envahissent les français !

Qu’il aide la France à retrouver le chemin de ses valeurs, les vraies, et non pas celles qui procèdent d’affirmations péremptoires ridicules et dangereuses.

Qu’il dise simplement que l’aspiration à être français, pour ceux que la vie n’épargne guère en dehors de nos frontières, ne peut être que le fruit d’un parcours positif et sincère et non pas la conséquence « naturelle » d’une « aventure » où les criminels de tous poils tirent leur épingle du jeu.

Les voitures rutilantes qui rôdent régulièrement autour des campements misérables de « nos » roms devraient, s’ils avaient le courage d’affronter la réalité, faire réfléchir les belles âmes du 20 heures, plus promptes à pontifier sur les droits de l’homme qu’à se saisir avec courage de l’atroce réalité qui se cache à peine derrière toutes ces migrations.

Ca serait bien de les inviter à une vraie union nationale, autour d’un peu moins de prétention et d’un peu plus de responsabilité.

Droit du sol, oui, mais jamais pour fabriquer des malheureux de plus dans le confort des beaux appartements parisiens de tous ces esprits prétendument éclairés !

Ce samedi 26 octobre 2013,

Guy GEOFFROY