Guy Geoffroy

La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY
Dimanche 23 février 2014


« DOUBLE LANGAGE SUR TOUTE LA LIGNE »



Comment voulez-vous que les français de tous bords gardent confiance lorsqu’ils constatent avec effarement le double langage permanent pratiqué par Hollande et son gouvernement ?

Derniers exemples en date avec les dossiers environnementaux sur lesquels l’art du grand écart est poussé à son paroxysme.

L’affaire de Notre-Dame-des-Landes, qui a rebondi ce week-end avec les affrontements de Nantes est un bel exemple de cette duplicité généralisée.

Ayrault ne dit rien, puisqu’il est favorable ;
Duflot, membre de son gouvernement, indique clairement qu’elle soutient les manifestants ;
Valls, qui n’a pas renoncé à être incontournable très prochainement, a fourbi sa langue de bois pour dénoncer les « factieux » qui ont dénaturé la manif !

Tout le monde dit tout et son contraire !
Quant à l’environnement qui mérite un peu de courage et une ligne claire, il peut circuler ! il n’y a rien à voir dans ce ballet de pantins désarticulés….

Et puis il y a la question du nucléaire.

On apprend aujourd’hui que la France accentue son effort pour vendre à la Chine deux réacteurs nucléaires de type EPR.

Convenons que ça serait bien ! Et je suis d’autant moins gêné pour l’affirmer tranquillement que j’ai toujours été clairement favorable à cette filière propre et totalement maîtrisée par nos scientifiques et nos industriels.

Mais avouez que tout ceci fait désordre de la part d’un pouvoir qui a pris l’engagement de démanteler notre parc nucléaire sous la pression des verts qui en ont fait un « casus belli »…..qu’ils gèrent à l’aune de leur intérêt à rester au gouvernement, lequel semble primer très souvent sur leurs convictions profondes, pour peu qu’ils en aient…..

Si le nucléaire est aussi dangereux que cela, si on doit et on peut, dans notre pays, le remplacer assez rapidement par d’autres énergies enfin propres, renouvelables et « bien sous tous rapports », comment peut-on, nous détenteurs des valeurs de respect des droits de l’homme, vendre cette technologie à d’autres pays, au risque de faire courir à leurs habitants les pires risques et de les préparer aux pires malheurs alors que nous encaisserions benoîtement les recettes qui en découleraient ?

Quand nos gouvernants seront-ils un peu, rien qu’un peu ! courageux ?

Quand diront-ils à nos alliés européens, à nos amis allemands par exemple, que leur abandon du nucléaire n’a de vertus qu’en façade puisqu’ils ont repris la pire des voies qui est celle du retour à l’utilisation massive du charbon avec sa production alarmante de CO2 ?

Quand revendiqueront-ils clairement la fierté de notre technologie et de notre capacité industrielle en la matière qui nous garantit une grande partie de notre indépendance avec, de surcroît, un prix de l’électricité parmi les plus bas du monde ?
C’est que leur murmure pourtant Montebourg à qui on ne peut pas faire reproche de taire ses convictions.

Et ceci n’a rien de contradictoire avec la nécessité de progresser chaque jour davantage dans le retraitement des déchets nucléaires, qui est déjà très pointu chez nous, et sur la question du stockage de ces déchets, lesquels finiront bien, parce que nous en sommes capables, à être de plus en plus inertes et donc de moins en moins dangereux pour les générations futures.

Et quand abandonneront-ils cette fichue habitude qui consiste à laisser les autres pays filer devant au nom d’un principe de précaution totalement dévoyé et perverti.
Car j’affirme qu’il est coupable pour notre économie et nos emplois de ne pas autoriser et même accélérer les recherches en matière d’exploitation non polluante et non dangereuse des gaz de schiste.
Car nous savons bien que la recherche industrielle a totalement les moyens de trouver des solutions compatibles avec nos légitimes préoccupations environnementales !

Bernard Tapie, qui se mêle souvent de tout mais à qui il arrive de privilégier le gros bon sens dont il est pourvu, conseillait ce matin au PS de laisser les Verts à leurs petites intrigues, combinaisons et lubies.

Je suis certain qu’il n’a pas tort ! Mais Hollande n’a pas fini de payer le prix de ces petites alliances dont il a le secret mais qui paralysent l’action publique au point de mettre la France à l’arrêt.

Et pendant ce temps, les autres avancent !

Ce dimanche 23 février 2014,

Guy GEOFFROY