Guy Geoffroy

La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY
Dimanche 16 mars 2014

« COMME SI DE RIEN N’ ETAIT….. »

A ceux qui n’auraient pas lu ce matin, dans le Journal du Dimanche, l’interview de la Ministre chargée de la décentralisation et de la fonction publique, je recommande de prendre un moment pour se procurer et analyser ce document très révélateur de ce qui est engagé et devrait se poursuivre concernant la vie publique de notre pays à l’échelon local.

Et à quelques jours des élections municipales, ceci ne manque pas d’interroger et d’inquiéter.

Nous apprenons en effet tout d’abord que la diminution des dotations aux collectivités locales, engagée par la gauche en 2013, poursuivie et amplifiée en 2014, devrait se prolonger dans les années qui viennent.
Tout cela pour concourir, nous dit-on, à l’assainissement des finances publiques.

Mais moi qui suis maire d’une commune qui vient de se voir attribuer un beau 18/20 pour la qualité de sa gestion par les plus exigeantes associations de contribuables, je suis tout simplement scandalisé que l’Etat impécunieux, qui continue d’augmenter la dépense publique, s’achète une bonne conscience sur le dos des communes qui n’en peuvent plus de cet acharnement et de cet abandon de poste.

De la même façon que les français n’en peuvent plus de l’impôt socialiste qui a fini, on l’a vu dans le bilan des recettes constatées fin 2013, par....tuer l’impôt et les recettes qui en découlent.

Et je peux dire que le gouvernement devra porter l’entière responsabilité de la baisse éventuelle du volume et de la qualité des services rendus à la population par les communes.

Et je frémis à l’idée qu’une telle perspective ait été engagée par Nicolas Sarkozy : que n’aurions-nous pas entendu ???

Dans la même logique et dit avec une onctuosité qu’une fine analyse réussit à démasquer, Madame Lebranchu nous annonce, dans un savant mouvement « aller et retour » que les communes devront de plus en plus fusionner…..tout en continuant à exister.

Ce qui, une fois décrypté, veut dire que le renforcement des intercommunalités conduira à la création de fait de nouvelles entités qui prendront la place des communes, celles-ci devenant purement et simplement des quartiers ou arrondissements d’un ensemble plus grand où les partis politiques feront la loi au détriment des élus de base que constituent les centaines de milliers de Conseillers Municipaux qui seront ravalés au rang de subalternes au service des apparatchiks téléguidés par les partis.

Et, pour bien nous convaincre que ce sera le seul chemin possible, la Ministre prend clairement la peine de préciser que les dotations de l’Etat non seulement seront de plus en plus rares mais bien plus seront prioritairement attribuées aux bons élèves, c'est-à-dire à ceux qui plieront devant le diktat socialiste.

Car si on résume :
Interdiction de l’exercice simultané d’un mandat national et d’un mandat local à partir de 2017 ;
Transfert de la compétence urbanisme aux intercommunalités ;
Obligation de porter à 25% en 2025, c’est presque demain !!, le pourcentage de logements sociaux ;
Diminution drastique des concours de l’Etat aux collectivités territoriales doublée d’« incitations » financières à vider les communes de leurs compétences.

Ce cocktail explosif qui nous a été mijoté par nos gouvernants actuels va transformer en les dépréciant le paysage et la gouvernance de nos institutions locales qui sont pourtant ressenties par nos concitoyens comme les rares éléments de stabilité et de protection dans un monde en complet bouleversement.

C’est pour cela que l’avertissement adressé à ce pouvoir dangereux à l’occasion des municipales doit être clair et puissant.

Car seul une semonce incontestable permettra non seulement de changer la majorité du Sénat en septembre prochain, mais bien plus de préparer nos concitoyens à l’indispensable alternance qui, seule, assurera que notre pays ne soit pas totalement et durablement abîmé par les idéologues qui le gouvernent.

Tous aux urnes dès le 23 mars pour sanctionner ce pouvoir moribond et dangereux !!

Ce dimanche 16 mars 2014,

Guy GEOFFROY