Guy GeoffroyLa chronique du député Guy GEOFFROY
Mercredi 21 janvier 2015

« VOICI VENU LE TEMPS DES CHOSES CONCRETES…. »

Deux semaines déjà !

Deux semaines que l’horreur absolue, impossible à écrire par avance pour un être doué de raison et de sensibilité, a frappé.

Deux semaines que l’émotion et la colère a étreint la société française tout entière au point que des millions de « Charlie » se sont levés pour dire NON aux assassins et aux barbares.

Deux semaines au cours de laquelle la quête d’une Union Nationale s’est faite jour, pour partager la douleur d’abord, pour la surmonter et espérer préparer l’avenir ensuite.

Deux semaines pas trop mal gérées par le pouvoir en place, ce qui lui a valu un regain de confiance qui ne doit ni laisser indifférent, ni…faire trop illusion.
Deux semaines à l’issue desquelles les français attendaient des réponses précises et concrètes, que les propos déterminés de leurs dirigeants leur permettaient d’espérer….

Deux semaines après, où en sommes-nous ?

Le Premier Ministre a annoncé aujourd’hui le dispositif « exceptionnel » qu’il a concocté pour mieux protéger les français et mieux lutter contre l’aveuglement et la sauvagerie terroristes.

Ce dispositif est-il vraiment si « exceptionnel » que cela et répond-il à la gravité de la situation et aux attentes des français ?

Hélas de manière plus qu’imparfaite !

Car si nous ne pouvons que prendre acte des mesures précises en termes de moyens nouveaux en personnel, c’est mieux que rien, même si tout cela doit se mettre en place sur… 3ans !

Mais à quoi servent les moyens si la doctrine d’emploi n’évolue pas ? Ces moyens supplémentaires auraient-ils, par exemple, permis d’éviter que l’interpellation policière de l’assassin Coulibaly fin décembre ne soit suivi d’aucun des effets qu’elle aurait pu avoir si, en « haut lieu » on avait pris toute la mesure du risque qui en découlait ?

Mais il y a surtout ce qui manque cruellement !

Certes, le Premier Ministre « consent » à ouvrir une réflexion sur la proposition de réintroduire le crime d’indignité nationale que nous avons faite.

Mais….

Rien sur la question essentielle de ce que nous pourrions faire pour empêcher le retour en France de ceux qui, partis « faire leur Jihad », reviendraient comme si de rien n’était, ou pour disposer d’une réponse pour les empêcher de nuire s’ils parviennent à revenir chez nous, qui pour beaucoup ne mérite plus d’être leur « chez eux » !

Rien sur la question essentielle du nombre de places de prison et de l’adaptation des établissements à la prise en charge cloisonnée de chaque terroriste ou apprenti-terroriste, aucun d’entre eux ne devant rester libre de ses mouvements et de communiquer avec ceux qui pourraient inspirer ou aider leurs actes de morts.
Je le sais bien : aucun de ces sujets n’est simple à évoquer, et encore moins à résoudre. Mais on sent déjà poindre la volonté de cette gauche indécrottable de ne pas vouloir créer ces nouveaux espaces de l’Etat de droit afin de mieux protéger les citoyens face aux nouvelles menaces et à leurs nouvelles et terrifiantes manifestations !

Alors, je le dis tout net : tout faire pour privilégier l’Union Nationale, mais certainement pas au prix du renoncement à la nouvelle fermeté républicaine qui doit entraver la nouvelle barbarie terroriste.

Et ce que je ressens pour notre sécurité, je le vois nous menacer pour ce qu’il convient de faire à l’école où, je le crains, la réponse sera toujours la même : dépenser plus d’argent, sans dire d’ailleurs où on le trouve, sans trop se poser les vraies questions pour changer nos pratiques et nous adapter aux lourds défis de cette guerre globale qu’il nous faut mener, et gagner, face au terrorisme islamique, honte de la religion musulmane et de l’humanité tout entière.

Ce mercredi 21 janvier 2015,

Guy GEOFFROY