Guy_Geoffroy

La chronique du député Guy GEOFFROY
Mardi 31 mars 2015

« AINSI DONC, IL NE S’EST RIEN PASSE…. »

Ceux qui ont en mémoire les résultats décevants que nous avons connus lors des cantonales de 2004, 2008 et 2011 se souviennent certainement des torrents qui s’étaient abattus sur nous de la part de l’opposition de l’époque tout heureuse de nous signifier le rejet dont nous étions supposés être l’objet et l’ordre de changer immédiatement de politique puisque telle était la volonté du peuple.

De bonne guerre, me direz-vous !

Je ferai remarquer que les résultats que nous avons connus à l’époque n’étaient, certes, pas vraiment bons et traduisaient un décrochage progressif de nos attaches locales, mais qu’ils n’ont jamais eu l’ampleur de la claque phénoménale adressée les 22 et 29 mars aux socialistes et à leurs alliés et que nous avions, de notre côté, eu l’humilité de donner acte du ressentiment de l’électorat en nous efforçant de mieux agir pour mieux répondre aux aspirations de nos concitoyens.

Tel ne semble manifestement pas être le de nos gouvernants actuels, décidément et gravement sourds et aveugles face à tous les messages que le peuple leur adresse.

Au soir du 1er tour, tout content de constater que son parti est battu mais pas (encore) humilié, Valls prend ses aises et fume le cigare.
Il croit dur comme fer que, si le peuple boude à la fois les urnes et le PS, il n’a pas encore perdu toute chance de limiter les dégâts, puisque l’artillerie lourde est sortie et qu’il espère que la magie du « fameux » et surtout fumeux « Front Républicain » va opérer et qu’il va une fois de plus pouvoir mettre la droite en difficulté avec le FN…

Au soir du 2nd tour, le miracle ne s’est pas produit car les électeurs ne sont pas aussi bêtes que le pense notre bon Manuel.
Ils n’en ont rien à faire de ses leçons de morale et de ses grosses ficelles à peine capables de masquer l’incurie de sa politique.

Il a piteusement échoué à détourner le débat.
Car le FN, jouet désormais incontrôlable de nos ingénieux socialistes, n’a pas plus servi de repoussoir qu’il n’a été en mesure de prendre le contrôle d’aucun département.

Echec sur toute la ligne.

Et belle victoire pour nos couleurs, qui ne sont jamais compromises avec l’inacceptable que constituent les extrêmes ni avachies dans des accords de circonstance avec un pouvoir qui abîme la France et la mène au désastre.

Et pendant ce temps-là, nos gouvernants décident que le cap est bon, qu’il suffit de patienter car les bonnes nouvelles de l’extérieur vont bien finir par remettre notre économie en marche sans que nos dirigeants y aient apporté quelque contribution que ce soit…C’est si facile !

Et que donc un remaniement, c’est-à-dire un signal clair adressé aux électeurs en guise d’accusé de réception de leur colère, n’est pas d’actualité, sauf si on peut trouver un accord avec les écolos…

Bref, de la petite tambouille sur son petit fourneau au lieu d’un choix clair enfin proposé aux français pour qu’ils retrouvent enfin confiance dans la capacité de nos gouvernants à s’occuper des vrais problèmes et à engager courageusement les vraies réformes dont le pays a besoin !

Le grand écart est toujours un art difficile et ceux qui le pratiquent ont intérêt à suivre un entrainement contraignant. Et même les plus souples finissent par y renoncer.

Mais notre catalan n’en a cure : il croit pouvoir continuer à le pratiquer tout en restant droit dans ses bottes : quelque chose me dit que ça ne va pas fonctionner longtemps et qu’il va avoir quelques problèmes…

Car son bilan électoral n’est pas vraiment génial :

Lui, Premier Ministre, perd le département dont il était devenu la star.

Lui, Premier Ministre, perd le département cher à son patron Hollande.

Lui, Premier Ministre, perd le département de sa chère amie Aubry, faisant probablement grogner les mânes du valeureux Mauroy.

Et il essaie de faire comme si de rien n’était !

Dans quelques minutes, je m’en vais rejoindre la réunion de mon groupe parlementaire : l’ambiance y sera certainement joyeuse car nous avons gagné mais aussi sérieuse car tout reste à faire.

Quelque chose me dit qu’elle sera plutôt sombre et orageuse du côté des socialistes, dont la cohorte des battus ne va pas manquer de demander des comptes au responsable du désastre.

Un certain Manuel Valls….

J’aurai certainement à y revenir.

Bonne journée à tous.

Ce mardi 31 mars 2015,
Guy GEOFFROY