Guy_Geoffroy

La chronique du député Guy GEOFFROY
Jeudi 23 avril 2015

Des assassins s’en prennent à la France, à ses valeurs, à ses religions, à sa laïcité : il faut les combattre sans merci et ne jamais céder.

C’est pourquoi, malgré ses insuffisances et les questions non encore résolues malgré notre acharnement à faire bouger le gouvernement lors des débats à l’Assemblée, je voterai probablement la loi sur le renseignement, car nous avons réussi, enfin !, à faire comprendre à la gauche que sa persistance à vouloir nous exclure du débat et de la prise de décision était contre-productive et inacceptable.

Mais ceci ne suffira pas. Comme n’a pas suffi la loi votée fin 2014 contre le terrorisme qui n’a pas empêché la folie meurtrière des salauds de janvier.

Il faudra à notre pays une profonde unité de vue pour combattre le mal à la racine sans accéder aux stigmatisations de toutes natures qui creusent des fossés béants entre les diverses composantes de notre société.

Et je ne suis pas certain que Hollande, Valls et les autres soient aujourd’hui les meilleures garants de cette unité nationale si nécessaire mais si fragile du fait de l’impéritie généralisée dont ils font preuve dans le cadre de leurs autres responsabilités.

Des milliers de malheureux risquent leur vie en Méditerranée pour tenter d’accoster en terre promise, sur ce sol européen où des exploiteurs sans nom leur ont dit qu’ils trouveraient un toit, du travail et la paix.

Et j’entends toutes les bonnes âmes indiquer que nous devons tout faire pour les accueillir : quel sinistre piège, dramatique pour toutes ces victimes de tant de drames dont nous ferions, si les portes étaient grandes ouvertes, des victimes de notre lâcheté à ne pas dire la vérité.

La vérité, c’est que les marchands de mort qui les maltraitent pour les faire embarquer dans des embarcations inappropriées doivent être poursuivis avec la plus grande énergie et que notre capacité à le faire est bien limitée en dehors d’un concours effectif des autorités locales, si elles existent….

Et je voudrais, comme certains ont le courage de le faire, pointer notre impudente schizophrénie qui a toujours consisté à donner la leçon à la terre entière contre les tyrans à abattre avant de constater que ce à quoi nous avons contribué avec grandeur d’âme fut pire que tout.
« Regretter » Kadhafi tout en exigeant le départ d’Assad : tout un symbole ! sans oublier l’abandon en rase campagne du Shah d’Iran au profit de la folie des Ayatollah, Moubarak lâché au profit de Morsi désormais condamné à 20 années de prison, et tout à l’avenant…

Et ceux qui nous menacent combattent aussi Assad ; et ceux qui mettent sur nos côtes ces dizaines de milliers de « réfugiés » sont renforcés par le chaos auquel, que nous le voulions ou non, nous avons donné le coup de pouce de « gendarme moral du monde ».

Il aura fallu que des églises soient menacées en France, et avec elles les nombreux fidèles qui auraient pu mourir sans ce coup de main du hasard qui les a épargnés dimanche, pour que le Premier Ministre se rappelle de nos racines. Il n’est jamais trop tard.

Il ne faudrait pas que les vannes de l’inconséquence ouvrent notre continent à l’immigration du malheur, car non seulement ceci ne règlerait rien pour ces déracinés de l’horreur, mais bien plus provoquerait au sein de nos sociétés occidentales fragilisées par la crise une tempête qui emporterait tout.

J’espère que les gouvernements européens, le nôtre en particulier, sauront résister à l’appel des irresponsables qui voudraient faire croire que nous sommes dans l’obligation absolue de tout accepter, pour finalement tout subir, et augmenter le nombre de malheureux et de désespérés, y compris au sein du peuple français ?

Pour tout dire, j’en ai plus qu’assez de ce « perdant-perdant » que nous proposent à longueur de journée ceux qui font profession facile de donner à longueur de temps la leçon de morale à la terre entière.

Et je le dis avec d’autant plus de tranquillité que m’étant rendu à Lampédusa, je connais les limites du possible et celles de l’inacceptable.

Ce jeudi 23 avril 2015,

Guy GEOFFROY