Chelles. Il y a quelques jours, le député socialiste et conseiller municipal de Chelles, Emeric Bréhier, annonçait son intention de ne pas se présenter à sa succession en juin 2017. (LP/Olivier Boitet.)

La carrière-éclair de la compagne
du député Bréhier (PS) fait polémique

Les « raisons personnelles » qui poussent le député socialiste et conseiller municipal de Chelles Emeric Bréhier à se retirer de la vie politique locale, comme il l’a annoncé aux militants de son parti il y a quelques jours, sont-elles liées aux circonstances qui ont permis l’ascension professionnelle particulièrement rapide de sa compagne au sein des administrations de la mairie et de la communauté d’agglomération ? Depuis l’annonce de ce départ, des langues se délient à Chelles.

En 2011, la direction des ressources humaines de la mairie de Chelles recherche une personne pour travailler dans l’un des foyers séniors de la ville. Et s’étonne de n’avoir reçu qu’un seul CV, celui de la compagne du député. Agent Pôle emploi sans expérience préalable auprès des séniors, elle a postulé. Une source proche du dossier nous confie qu’il y a eu « d’autres candidatures mais elles ont été filtrées en interne, avant d’arriver à la DRH ».

Un nouvel appel à candidatures est lancé mais seul un autre prétendant se manifeste. Le jury de recrutement, dont fait partie celle qui deviendra l’assistante parlementaire d’Emeric Bréhier, lui préfère la compagne de ce dernier. Etrangement, ce n’est pas l’adjoint chargé des ressources humaines qui signe le contrat, comme c’est normalement le cas, mais directement le maire d’alors, Jean-Paul Planchou (PS).

La compagne du député démissionnera quelques mois plus tard de cet emploi. « Le poste ne lui convenait pas », rappelle Lucia Pereira (DVG), ex-adjointe chargée des séniors. Elle ne reste toutefois pas au chômage très longtemps puisqu’elle est presque aussitôt recrutée par Jean-Jacques Marion (PS), alors président de Marne et Chantereine. Elle sera son assistante personnelle jusqu’au soir du second tour des élections municipales, en avril 2014, lorsque la gauche perdra Chelles, Courtry et la communauté d’agglomération.

Par ailleurs, en 2013, le gendre de Jean-Jacques Marion devient chef du service informatique de la ville de Chelles. Membre du jury de sélection, Emeric Bréhier est favorable à son embauche. Ce qui n’est pas le cas des deux autres membres du jury, le directeur général des services et l’adjoint au maire chargé des ressources humaines. Encore une fois, c’est directement Jean-Paul Planchou qui signe lui-même le contrat de travail.

Interrogé, Emeric Bréhier se contente de réfuter « toute interférence dans la vie professionnelle » de sa compagne.

Grégory Plesse

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 12 mai 2016)