Chelles. Trois dealeurs du trafic de cannabis de la cité Chappe ont écopé de peine de douze mois de prison ferme pour l’un et six mois ferme pour les deux autres. Tous ont été écroués à l’issue de l’audience. (LP/G.P.)

Trois dealeurs de la cité Chappe dorment en prison

Les avocats des trois prévenus ont plaidé la relaxe mais le tribunal de Meaux les a condamnés à de la prison ferme, avec mandat de dépôt.

Durant toute l’audience de comparution immédiate, vendredi après-midi, les dealeurs de la cité Chappe, à Chelles, ont nié toute participation à un trafic entre mars et mai.

« Un trafic important, qui durait depuis longtemps et polluait le quotidien des locataires », a martelé le substitut du procureur.

L’appartement d’Abdel, 42 ans, sert de zone de repli en cas de descente de police et de stockage de cannabis. Ce locataire, bénéficiaire du RSA, est aussi reconnu par plusieurs consommateurs. « Ce n’est pas de ma faute si j’habite à côté d’un point de vente, je n’ai aucun degré de participation dans ce trafic. »

Jamel, 22 ans, identifié par deux clients avec son blouson bombardier au col à fourrure, raconte qu’il portait aussi « un beau p’tit jean et des p’tites chaussures pour aller voir [sa] copine », mais sûrement pas vendre de la drogue en bas de chez lui.

Quant à Marvin, 20 ans, ce n’est pas lui non plus qui a été reconnu par les policiers en train de cacher une barrette de 100 g de cannabis le 22 avril et identifié à sept reprises durant les surveillances policières. « J’ai des copains à Chappe, ils ne sont pas dealeurs. » Et la casquette Gucci à carreaux reconnue par les acheteurs et retrouvée chez lui ? « Y en a plein qui ont des casquettes Gucci. »

Les policiers ont mené 28 jours de surveillance et entendu 30 acheteurs. Mais Jamel a été « vu une fois le 1er avril lors d’une surveillance », pointe Me Catherine Bahuchet, son avocate, qui défend aussi Marvin, un peu paumé, un peu agressif, « placé en famille d’accueil à l’âge de trois mois qui cherche son père et souffre d’un mal-être important. »

Le tribunal a condamné Abdel à un an ferme et Jamel et Marvin à un an de prison dont six mois de sursis avec mise à l’épreuve. Les plus jeunes ont interdiction de séjourner à Chelles et obligation de travailler.

Valentine Rousseau

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 30 mai 2016)