Chelles, ce mardi. Abderrezak Bensalem est le président de l'Association culturelle Jeunesse et citoyenneté, pour laquelle le bailleur Marne et Chantereine Habitat avait mis à disposition une cave de la résidence Schweitzer-Laënnec. (LP/A.A.)

La salle de prière musulmane
des Coudreaux en sursis

« C’était une descente dont le but était de nous provoquer, assure Abderrezak Bensalem. Si nous avions répondu, la mairie aurait eu une bonne raison pour fermer la cave. » C’est ainsi que le président de l’Association culturelle Jeunesse et Citoyenneté (ACJC) a vécu l’intervention menée vendredi à la demande du sous-prefet de Torcy dans une cave de la résidence Schweitzer-Laënnec, dans le quartier des Coudreaux à Chelles.

Des policiers municipaux et nationaux ainsi que les pompiers ont pris part à l’opération. « Je venais de commencer mon prêche quand on m’a dit qu’il fallait évacuer les lieux pour des raisons de sécurité », poursuit Abderrezak Bensalem. Le tribunal de Meaux devrait statuer sur l’avenir du lieu en novembre prochain.

Depuis plus de dix ans, cette cave mise à disposition par le bailleur Marne et Chantereine Habitat (MCH) fait office de salle de prière pour les fidèles musulmans de la résidence. Une solution qui se voulait provisoire, en attendant la construction d’une seconde mosquée sur l’avenue de Claye. Validé par la précédente majorité socialiste, le projet a été refusé par le nouvel édile Brice Rabaste (LR), élu en 2014.

L’intervention de vendredi intervient un an et demi après la demande de restitution du local par MCH. « Celui-ci ne répond à aucune norme de sécurité », écrivait le bailleur dans un courrier de décembre 2014. Parmi les travaux nécessaires figure notamment l’installation d’une porte de secours.

Pour le président de l’ACJC, cette « descente » reflète en fait « l’acharnement » de la nouvelle majorité. « Le maire fait tout pour nous chasser d’ici », estime-t-il.

« La commission de sécurité a été diligentée par les services de l’Etat », répond-on à la mairie. Où l’on souligne par ailleurs qu’une mosquée se trouve à quelques centaines de mètres. « Mais elle est déjà pleine », pointe Abderrezak Bensalem.

Alexandre Arlot

(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 27 septembre 2016)

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