Chelles, ce mercredi. Mardi soir, une enfant de 3 ans a été retrouvée seule sur le palier du premier étage de cet immeuble. LP/A.A.

« Ma maman est partie, j’ai peur ! » C’est par ces mots empreints de crainte que deux habitants d’un immeuble de l’avenue de la Résistance à Chelles ont été intrigués mardi peu avant 21 heures. Ils émanaient de la fille de leur voisine, qui se trouvait seule sur le palier du premier étage. La brigade anticriminalité (BAC) s’est rendue sur place dans la soirée pour récupérer l’enfant. Âgée de 3 ans, cette dernière a été placée en famille d’accueil.

Ce mardi soir, Martin* et son colocataire entendent des bruits à travers leur porte. « Je prenais ma douche, j’ai d’abord pensé que c’était la voisine », témoigne-t-il. La nature de la phrase prononcée balaie le doute. « Nous avons pris la petite avec nous, poursuit Martin. C’est la troisième fois en quelques semaines que cela arrive. Nous nous sommes dits : maintenant, il faut que ça s’arrête ! »

Après avoir attendu une dizaine de minutes en compagnie de la fillette, les deux habitants du premier ont prévenu le président de la copropriété, domicilié au quatrième étage. « J’étais perdu, indique ce dernier. La dame qui habite en face de chez moi s’occupe de plusieurs enfants, nous lui avons confié la petite. Comme elle avait le numéro de téléphone de la mère, elle a essayé de l’appeler. Mais elle ne répondait pas. »

 Les habitants décident finalement de composer le 17. Moins d’une heure plus tard, des agents de la BAC pénètrent dans cet immeuble qui abrite aussi des médecins et des avocats. Plus tard dans la soirée, la mère de l’enfant frappe à la porte de ses voisins, qui la renvoie vers l’habitante du quatrième. « Mais elle devait dormir à cette heure-là », estime le président de la copropriété. Âgée de 22 ans, sans antécédent judiciaire, la jeune maman passera finalement la nuit en garde à vue au commissariat de Chelles. Elle expliquera aux policiers avoir quitté le domicile pour se rendre chez une amie y chercher des denrées afin de nourrir sa fille. Libérée ce mercredi, elle devra suivre un stage de responsabilité parentale avant de revoir son enfant.

Quelques heures après la venue de la BAC, le président de la copropriété était encore sous le choc. « Je n’en ai pas dormi de la nuit, j’étais bouleversé », assure-t-il. Les voisins qui connaissent cette famille s’accordent pour décrire une petite fille « mignonne comme tout », « très éveillée pour son âge ». Sa mère l’élevait seule. « Elle doit avoir des problèmes », tente de l’excuser le président de la copropriété.

*Le prénom a été changé
Alexandre Arlot
(Source : Le Parisien - Edition 77 Nord - 01 février 2017)