Guy-Geoffroy

La chronique quotidienne du député Guy GEOFFROY - 12/03/2013
"AGRESSIFS ET LABORIEUX"
La première séance de questions au gouvernement après la courte interruption, la semaine passée, des travaux parlementaires, s'est déroulée dans une curieuse ambiance, faite à la fois d'atonie généralisée et d'arrogance teintée d'agressivité de la part du gouvernement, en particulier du Ministre de l'Education Nationale.

Mis sur le grill cette semaine du fait de l'examen qui a commencé en séance de sa loi dite de "rénovation" de l'école, le censeur Peillon n'y est pas allé de main morte dans la muflerie, l'arrogance et la morgue avec laquelle il a répondu aux questions de l'opposition.

Il s'agissait pour nous de mettre en avant publiquement l'inanité verbeuse de son projet de loi, qui sous couvert de grande révolution "copernicienne", n'apporte en fait pas grand chose qui soit de nature à remettre la belle et grande machine éducative en bon ordre de marche.

Je passe les attaques systématiques du Ministre vis à vis de la supposée "casse de l'école" des 10 années antérieures, qui va bien finir par lasser tout le monde....

...pour mieux constater le vide sidérant et sidéral du projet.

Réaffirmer la priorité au primaire ?

Soit, mais qu'avons-nous fait d'autre, et qui n'est d'ailleurs pas remis en cause, avec la création du socle commun des connaissances et des compétences et avec le soutien individualisé amorcé dès l'élémentaire... et qui va bien devoir disparaître avec le nouveau dispositif des rythmes scolaires hebdomadaires ?

Supprimer les devoirs à la maison ?

Pour être vraiment utile à la réussite de l'élève ou pour opérer un affichage de plus, sans autre signification que celle d'une porte déjà largement ouverte et qu'il conviendrait désormais d'enfoncer ?

Recréer en les changeant de nom les trop fameux et fumeux IUFM qui ont constitué autant de repères d'un pédagogisme verbeux et désuet ?

Les inscrire au sein de l'Université est une évidence.
Mais une fois ceci dit, comment fait-on ? en quoi le nouveau dispositif garantira-t-il une vraie formation initiale et continue de nos futurs maîtres, et non le bourrage de crâne idéologique et pontifiant auquel l'ancien dispositif avait bel et bien donné lieu ?

Et la question de l'autorité à l'école et celle de l'autorité du maître au sein de l'école , clés essentielles du retour nécessaire de sérénité et de confiance à l'intérieur du système éducatif, aspiration première d'un nombre croissant d'enseignants qui veulent conserver ou retrouver le gout de leur métier ?

La loi n'en dit rien, car nos socialistes en sont restés malheureusement à l'idée que l'autorité est contradictoire avec l'intérêt et la réussite de l'enfant....alors qu'il s'agit d'une valeur fondatrice de repères et donc de l'exercice éclairé de la liberté de tout être !

Et la question de l'organisation des établissements et celle de leur capacité à conjuguer ce qu'il faut d'autonomie et de responsabilité avec le creuset commun que représente le service public diversifié de l'éducation nationale ?

La loi n'en dit rien tant les socialistes sont hermétiques à toute idée de faire réellement confiance aux acteurs locaux du monde éducatif....

Et la question de l'avenir du métier d'enseignant, à propos duquel Nicolas Sarkozy avait eu le courage de lancer des pistes de réflexions et l'audace de faire des propositions "décoiffantes" ( que je lui avais, avec d'autres, susurrées...) ?

La loi n'en dit toujours rien, préférant l'univers quantitatif et les affirmations affriolantes (plus de maîtres que de classes ....) que la remise à plat pourtant nécessaire d'un métier toujours aussi essentiel à l'avenir de notre société mais qui ne peut plus aujourd'hui et encore moins demain être exercé de la même manière...

Alors que nous avons besoin d'enseignants mieux rémunérés et disposant de vraies perspectives diversifiées de carrière et que ceci demande ingéniosité et volonté, puis audace et courage !

Et que l'ardoise des 60 000 nouveaux postes annoncés ne sera finalement épongée que par les enfants de nos...petits enfants !

Et sur l'adaptation toujours à parfaire de notre système de formation avec les besoins de l'économie, en particulier d'une industrie qui court le risque majeur de mourir faute de combattants ?

La loi non seulement n'en dit rien mais vient briser le dispositif "Cherpion" qui avait pourtant l'immense mérite de permettre à des jeunes de côtoyer plus tôt donc plus efficacement les réalités professionnelles pour mieux se préparer aux métiers et à leur évolution....

Et tout cela dans un contexte interne à la gauche qui voit le Ministre plier devant toutes les fadaises suggérées par ses alliés radicaux et verts qui n'ont toujours rien compris puisqu'ils s'ingénient à faire de l'école un objet idéologique en forme d'étendard....

Ce Ministre est dangereux pour son amateurisme. Son arrogance et la violence en permanence sous-jacente de son propos sont des circonstances aggravantes.
Et sa loi, prétentieuse dans son intitulé et vide dans son contenu, ne sera qu'un maillon de plus dans le découragement rampant d'un monde éducatif pourtant plein de talents mais qui n'en revient pas de constater le décalage entre la réalité qu'il vit au quotidien et les calembredaines ministérielles.

Avec en plus l'emphase bien déplacée d'un bien médiocre "déserviteur" de la République...

Mes amis Frédéric Reiss et Xavier Breton, valeureux bretteurs au sein de la commission des affaires éducatives n'en ont pas fini de batailler contre ce projet inutile et coûteux. Nous sommes à leurs côtés pour faire "le moins mal possible" avec ce texte bricolé et bâclé !

ce mardi 12 mars 2013,

Guy GEOFFROY